Sjón : le garçon qui n’existait pas. 2015.
La
ville semble recouverte d'un voile crépusculaire. Hantée par la crainte
d'un front scandinave, alors que la Première Guerre mondiale s'achève
en Europe, la population redoute une épidémie de grippe espagnole.
Dans
ce moment de chaos, un adolescent, Mani Steinn ( Pierre de lune ) doit
affronter un tumulte plus intime. Homosexuel, il est rejeté par les
siens. Pourtant, une immense énergie s'empare de lui depuis qu'il a
découvert le cinéma, l'art, l'exaltation qu'offre l'imaginaire. Et le
désir.
Porté par l'écriture poétique de Sjon, « Le garçon qui n'existait pas » est une ode à la puissance créatrice de la jeunesse.
La
scène d'ouverture est saisissante, elle dévoile déjà tous les sujets
qui parcourent le roman : La rudesse de l'Islande en 1918, la difficulté
d'y être adolescent, l'homosexualité forcément cachée, et l'apparition
d'une Musidora au bord de la falaise.
Car
si l'homosexualité du personnage principal est au cœur du roman, sa
passion du cinéma n'est pas secondaire. Tout au long du texte, par
exemple, on trouvera des références aux « Vampires » de « Feuillade »,
ce classique du cinéma muet, notamment dans quelques paragraphes
oniriques au milieu du texte.
Mais
avant tout, il y a un contexte, celui de la grippe espagnole, arrivée
par bateau et qui décimera une bonne part de la population de Reykjavik.
Contexte où on le verra délirer, approcher son Irma Vep, et qui le
sauvera d'une condamnation bien plus rude pour le crime d'avoir aimé un
homme.
Un univers poétique et rude, à l'image de l'Islande, par un auteur singulier qui a été le parolier de Bjork.
Sjon a écrit ce roman, a mon goût trop court, en hommage à son oncle de, Bosi, qui est mort du sida en 1993
On notera que Sjón est aussi un parolier de chansons (pour Bjork ou Sigur Rós entre autres).

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