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Huysmans : A rebours

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En cette année mil-huit cent quatre-vingt-quatre, J.-K. Huysmans (1848-1907) signe, de même qu’Élémir Bourges (1852-1925) avec Le Crépuscule des Dieux, un ouvrage auquel il est convenu de se référer comme une « bible du décadentisme ».

Cet écrivain français de parenté flamande, critique littéraire et critique d’art, un temps proche de Zola et membre des soirées de Médan, marqua avec ce roman sa rupture définitive avec le naturalisme – celui-ci menant, selon lui, dans une impasse – pour lui préférer un symbolisme aux accents de plus en plus mystiques (Huysmans finira par se convertir religieusement et écrire des romans d’inspiration catholique comme La Nef ou La Cathédrale).

Avec À Rebours, Huysmans, puisant dans l’imagerie désenchantée et parfois morbide de Baudelaire ou Poe, devient le précurseur de l’écriture « fin-de-siècle » et de l’esprit décadent qui caractérise cette époque. Des auteurs comme Jean Lorrain, Octave Mirbeau, Georges Eekhoud, Oscar Wilde, Louis Dumur, Auguste de V…

Sarah Bakewell : Au café existentialiste. La liberté, l'être et le cocktail à l'abricot.

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Paris, 1932. Trois amis se réunissent dans un célèbre café de Montparnasse. Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir écoutent Raymond Aron, de retour de Berlin, parler d'une forme de pensée radicalement neuve qu'il a découverte : la phénoménologie. En guise d'explication, Aron pointe son verre du doigt et dit à Sartre : « Tu vois, tu peux parler de ce cocktail, et c'est de la philosophie ! »

Intrigué et inspiré, Sartre élabore une théorie philosophique fondée sur l'existence vécue, dont le quartier de Saint-Germain-des-Prés va devenir l'emblème. Des cafés aux clubs de jazz, des cénacles intellectuels aux nuits blanches de Boris Vian chantées par Juliette Gréco, l'existentialisme va faire vibrer Paris et se diffuser dans le monde entier, de l'après-guerre aux mouvements étudiants de 1968.
Avec l'érudition et l'humour qui ont fait l'immense succès de Comment vivre ?, Sarah Bakewell fait revivre un courant fondateur de l'histoire de la pensée …

Brigitte Aubert : Ténèbres sur Jacksonville

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Jacksonville, Nouveau-Mexique, 3548 habitants.
Un vrai trou sûrement absent de tous les guides touristiques.
Au demeurant un coin paisible, ensoleillé, qui s'apprête à fêter l'Independance Day.
Pour Jem, douze ans, le programme c'est de profiter au maximum de l'été en compagnie de son copain Laurie.
Pour le shérif Herbie Wilcox, c'est de se la couler douce avec un pack de bière fraîche à portée de la main.
Mais il y a cette invasion de cafards.
"Les yeux et les oreilles du dieu de la Nuit, ses messagers de malheur, selon une légende indienne," dixit Léonard, le grand-père de Jem.
Et puis ces cadavres qu'on retrouve, démembrés et à moitié dévorés, orbites évidées "comme si il avait été dégusté à la petite cuillère," constate Big T. Burger, 75 ans, ex-marine.
Sans parler de cette odeur épaisse, infecte, compacte. Une odeur de charogne, il n'y a pas d'autre mot.

L'histoire s'enchaîne rapidement, nous décrivant les évènements à tra…

frédéric Martel, Mainstrem

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Comment fabrique-t-on un best-seller, un hit ou un blockbuster ? Pourquoi le pop-corn et le Coca-Cola jouent-ils un rôle majeur dans l'industrie du cinéma ? Après avoir échoué en Chine, Disney et Murdoch réussiront-ils à exporter leur production en Inde ? Comment Bollywood séduit-il les Africains et les telenovelas brésiliennes, les Russes ?

Qui n'a jamais cédé au blockbuster estival ? au dernier best-seller de untel ? à la rengaine d'une ennième “queen of pop” ? (fouillez bien au fond du tiroir…) Bravo ! vous consommez mainstream.
Populaire ? de masse ? du plus grand nombre ? dominante ? formatée ?… comment qualifiez-vous la culture dite “mainstream” ? Ne comptez pas sur ce livre pour vous pré-mâcher un avis tout fait et c'est tant mieux, gardons notre libre arbitre.
C'est une enquête, du pur journalisme d'investigation dans les coulisses des multinationales et des groupes de médias qui font et exploitent la culture du plus grand nombre. Cette enquête mérite bie…

Eric Vuillard : L'ordre du jour

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Ils étaient vingt-quatre, près des arbres morts de la rive, vingt-quatre pardessus noirs, marron ou cognac, vingt-quatre paires d'épaules rembourrées de laine, vingt-quatre costumes trois pièces, et le même nombre de pantalons à pinces avec un large ourlet. Les ombres pénétrèrent le grand vestibule du palais du président de l'Assemblée ; mais bientôt, il n'y aura plus d'Assemblée, il n'y aura plus de président, et, dans quelques années, il n'y aura même plus de Parlement, seulement un amas de décombres fumants.

Ce qui fait la richesse de ce livre est le questionnement constant de l'auteur sur l'attitude de ces hommes politiques : ignorance ou légèreté, aveuglement ou crédulité, expectative ou manque d'anticipation, laxisme ou manque de courage ?

Ni récit, ni témoignage, ni roman, encore moins roman historique, même si c'est cette histoire-là qui me passionne et m'intéresse. Un pamphlet, peut-être, vu la vivifiante ironie qui y règne, un ess…

Patricia Cornwell : Chaos

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Par une chaude soirée d'été, une cycliste est trouvée morte. Il semblerait que la jeune femme ait été agressée, mais les indices sont étranges : des petits éclats de verre sur le corps de la victime et une forte odeur de brûlé. Le Dr Kay Scarpetta est appelée sur les lieux. Avant même que l'affaire soit officialisée, le détective Pete Marino et Benton Wesley, agent du FBI, et mari de Scarpetta, reçoivent des appels, prétendument d'un enquêteur d'Interpol. Mais pour Scarpetta ceux-ci sont suspects, et sa brillante nièce Lucy soupçonne vite l'œuvre d'un cybercriminel.
Lorsqu'un proche de Scarpetta est assassiné à des centaines de kilomètres au sud, tout suggère qu’il s’agit du même tueur. Scarpetta est confrontée à un danger invisible et redoutable, et va être mise à l’épreuve comme jamais auparavant.

Effectivement l'histoire se déroile en une nuit. Et avec une seule scène qui prends 400 p au milieu. le livre ne peut avoir aucun intérêt pour ceux qui ne con…

Architecture années 2000-2010. II partie.

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Centre d'art contemporain lois et richard rosenthal, Cincinnati. 2003.Zaha Hadid.


Centre d'art contemporain lois et richard rosenthal à Cincinnati. 2003.Zaha Hadid


Centre scientifique, Phaeno, Wilsburg. 2006. Zaha Hadid.


Hotel Puerta America, Madrid, 2005. Zaha Hadid.


Tremplin de saut à ski de Bergisel, Innsbruck, 2002. Zaha Hadid.

Extention de la Tate Modern, Londres, 2012. Herzog et De Meuron. Extension qui évoque la tour de Babel de Pieter Bruegel, par son côté work in progress et ses proportions de montagne magique cubiste et trasparente.


Boutique Prada, Tokyo, 2003. Herzog et De Meuron. Elegant monolithe légèrement émeraude, taille en biseau.


Stade Allianz Arena, Munich, 2005. Herzog et De Meuron. Clair objet gonfle du désir, la résilié de ses écailles en losange épouse sensuellement le galbe elliptique du stade.


Hangar Ricola, Mulhouse, 1993. Herzog et De Meuron. Symbole suisse au même titre que les secteurs horlogers et chocolatiers, le bonbon Ricola. Mode iconique rappelant le…