Articles

Michaël Fœssel : le temps de la consolation

Image
Un geste ou une parole devraient suffire, et pourtant. Consoler est une activité difficile qui implique de prendre la parole sur une souffrance que l'on ne partage pas, mais à laquelle on cherche à prendre part. Comment, sans la trahir, se frayer un chemin jusqu'à l'intimité de l'autre ? Quels mots employer qui ne suscitent pas le soupçon ?Ces questions relèvent aujourd'hui de la psychologie ou de la religion. Pourtant, la philosophie a longtemps été un baume pour les douleurs humaines. De Platon à Boèce en passant par les stoïciens, la raison s'impose comme la grande consolatrice. En s'appuyant sur cette tradition, ce livre propose dans un premier temps une grammaire de la consolation. Acte social qui mobilise le langage, la consolation dit quelque chose de la condition humaine. Si elle ne résorbe pas la souffrance, elle répond à la « souffrance de la souffrance » qui est solitude, honte ou culpabilité. Le consolateur apprend à vivre au-delà du point où...

Jose Manuel Esparza : San Quintin.

Image
Viens de finir : 8/10. Viens de lire ce phénoménal récit romancé sur la bataille de Saint Quentin d'après les mémoires inventés de Julian Romero, capitaine de l'infanterie du roi Philippe II d'Espagne. Le narrateur est un personnage fascinant qui a réellement existé et qui parti de rien devint l'un des meilleurs capitaines de son époque. c'est une véritable plongée au cœur du seizième siècle (assez différent du dix-septième des aventures du capitaine Alatriste), L'Espagne d e Philippe II est un empire en pleine expansion et qui affronte la France pour la suprématie de l'Europe. le roman très prenant entrelace la grande politique : des enjeux diplomatiques, des intrigues de palais, de histoires d'équilibres financiers, avec la réalité la plus prosaïque des gens qui l'acier à la main la rendent possible, la paix les batailles, ses grandeurs et ses misères. Le tout est très accrocheur et mélange parfaitement l'action, les intriques, l'aventur...

Alain Finkielkraut : la seule exactitude.

Image
Les années trente, dit-on, sont de retour. La droite intégriste et factieuse occupe la rue, l’ordre moral sort des catacombes, la crise économique pousse à la recherche d’un bouc émissaire et l’islamophobie prend le relais de l’antisémitisme. Cette analogie historique prétend nous éclairer : elle nous aveugle. Voulant lire ce qui arrive à la lumière de ce qui est arrivé, elle en occulte la nouveauté inquiétante. Montrer que nous vivons un tournant historique, paradoxalement masqué par la référence incessante à l’Histoire ; appréhender ce moment crucial dans ce qu’il a d’irréductible au répertoire de nos vicissitudes : tel est le pari de ce livre. Et l’enjeu est existentiel autant qu’intellectuel. Si, comme l’écrit François Mauriac, « l’épreuve ne tourne jamais vers nous le visage que nous attendions », il nous incombe d’être à l’heure au rendezvous et de regarder en face le visage que nous n’attendions pas.Dans une époque qui tend à se prendre pour une autre, l’exactitude devient la ...

Robert Ludlum : le secret Halidon.

Image
Le KGB n'est plus qu'un mauvais souvenir, Kadhafi a pris un coup de vieux, et voici que l'IRA décide de déposer les armes. Triste époque pour les auteurs de thrillers! Mais ce petit malin de Robert Ludlum a déjà diversifié ses sujets - comme le montre ce roman publié sous pseudonyme en 1974. Dans la forêt vierge de Jamaïque, un géologue a des tas d'ennuis avec une société multinationale très déplaisante qui nourrit la double ambition de saccager la nature et d'établir un nouveau paradis fiscal. Une secte mystérieuse intervient alors avec une rare brutalité: vieille de plusieurs siècles, formée de descendants d'esclaves, Halidon incarne-t-elle le Mal absolu ou un Bien supérieur? Un suspense moite et sanguinolent.  La Dunstone, une puissante multinationale, souhaite s'installer dans les Caraïbes. Le docteur Alex McAuliff est donc engagé pour diriger une prospection géologique en Jamaïque. Mais il ne tarde pas à apprendre que tous les membres de la préc...

ZEP : what a wonderfull world 2

Image
Après un premier volume sans concession sur l’actualité sociopolitique de son nombril, Zep nous livre une nouvelle salve d’humour décapant. Au fil d’un journal de bord (publié initialement sur le site lemonde.fr) il traite de sujets intimes comme la malédiction de l’auréole mais aussi de thèmes universels lorsqu’il évoque dans une note poignante la mort d’un enfant réfugié à la grande mèche blonde bien connue… Redécouvrez le monde sous l’acuité du regard zeppien. dans la lignée du premier il évoque avec sa ligne, son style et son talent, son quotidien, sa vie de famille, ses angoisses, toujours avec son levier principal, l'humour! Ce volet traverse plusieurs questions, l'écologie, toujours aussi importante aux yeux de l'artiste, avec des gags bien ficelés sur la question, rappelant la fameuse interview avec "Dieu", dans le premier volume. Il y a même cette visite médicale de la planète terre, attaquée par un virus qui recouvre sa surface, les hommes!....Ou...

Andrée Reszler : Le génie de l'Autriche-Hongrie

Image
LA GRANDEUR ET LA DÉCADENCE D'UN EMPIRE. 1867-1918 : la trajectoire de l'Autriche-Hongrie s'inscrit entre ces deux dates. Il s'agit de la phase ultime, placée sous le signe du provisoire, d'un vaste empire souvent perçu comme une sorte d'anomalie historique. Se situant au-dessus des nationalités, il n'en a pas moins réalisé, à l'échelle de la région danubienne, l'idéal européen de l'unité dans la diversité. De surcroît, il est resté jusqu'à la fin pleinement créateur dans de nombreux domaines de la vie. Au même titre que Venise ou la Suisse, l'Empire habsbourgeois possède une personnalité unique qui le différencie des autres nations plus " modernes " du continent. Quels sont les traits de son " génie " particulier ? Et peut-on déceler en son sein des tendances qu'on associe traditionnellement avec le phénomène du déclin ? Comment expliquer enfin son effondrement inattendu ? C'est à ces questions que tente de ...

Théophile Gauthier : le capitaine Fracasse.

Image
Tout est triste dans le château délabré du baron de Sigognac. Ce jeune homme, dernier rejeton d'une famille noble mais ruinée, s'ennuie à mourir entre son chien, son cheval et son vieux serviteur. Lorsqu'une troupe de comédiens cherche abri chez lui, le baron se réveille, la vie est entrée dans le château. La laisser repartir ? Pas sans lui. Il accompagnera la troupe à Paris pour y chercher fortune. Pendant le voyage, il se fait comédien et prend un nom de guerre: il sera le capitaine Fracasse! Et de quels exploits ne serait-il pas capable, pour les jolis yeux de la belle Isabelle, délicieuse ingénue. Des personnages ampoulés et très peu crédibles, des descriptions interminables et ennuyeuses , une fin gnan-gnan, J'ai trouvé ce roman aussi long qu'indigeste