German "Maggiori" : Entre hommes (entre hombres). 2001.



Considéré comme le digne héritier de James Ellroy et de Jim Thompson, Germán Maggiori est né en 1971. Entre hommes était son premier roman.
Dans un luxueux appartement de Buenos Aires, un sénateur, un juge et un banquier se retrouvent pour participer à une orgie en compagnie de deux travestis et d'une jeune prostituée. Mais l'affaire tourne mal : la jeune prostituée meurt d'une overdose en pleine action. Or, toute la scène a été filmée par une caméra dissimulée derrière un faux miroir et la vidéo compromettante a disparu. C'est alors qu'entrent en scène deux flics, l'un obsessionnel, l'autre ex-tortionnaire alcoolique, chargés de retrouver l'enregistrement, deux voleurs prêts à tout pour parvenir à leurs fins et une bande de jeunes drogués embarqués bien malgré eux dans cette histoire.
"Entre Hommes",considéré comme un classique en Argentine ou il a récemment été réédité en pour ses 20 ans, est un voyage délirant dans un Buenos Aires violent, celui des années 90, celui qui était à un pas de la faillite, qui eut bien lieu finalement en décembre 2001.
Un polar très noir qui ne lâche à aucun moment le lecteur, publié justement dans cette argentine chaotique de 2001 ce qui explique qu'il passa pratiquement inaperçu.
Puis peu à peu, il trouva des lecteurs qui se le recommandait de bouche à oreille, avec enthousiasme. Car c'était un polar qui permettait de comprendre parfaitement tout ce qui se passait dans les rues argentines : le désastre social et économique, la débâcle politique, cette atmosphère sombre et désastreuse qui recouvrait tout.
On appréciera l'intensité et la rapidité vertigineuse avec lesquelles l'histoire est racontée.
Le style de l'auteur est impeccable et original avec un rythme et un style propres. On ressent en le lisant comme une montée d'adrénaline ;
et surtout la langue très travaillé d'une écriture pointue qui parvient en même temps à capturer la langue classique argentine et le langage de la rue et des bidonville, car le roman oscille entre les deux et on note la finesse et le ton si différent du Castillan. La langue est ce qui fait de ce polar déjà intéressant un roman de haut vol.

Germán Maggiori signe un polar vertigineux, frénétique et saturé d'adrénaline.
Il a été adapté en mini-série de quatre épisodes par HBO.
 
Voici un extrait d'une belle critique du blog « encore du noir » :
 
"… portrait sans fard d’une société qui sombre, gangrenée par son passée, minée par la division, pourrie par un argent qui s’est volatilisé et pour lequel chacun est prêt à piétiner les autres. En lisant Entre hommes, on se traîne les mêmes gueules de bois que les personnages, on sent les ordures en décomposition, la sueur chargée de Fernet-Branca qui coule sous les chemises crasseuses ou les cadavres qui pourrissent en nourrissant quelques chiens errants.
Sacré tableau, sombre mais éclairé parfois par un trait d’humour cynique, une situation cocasse ou la découverte d’écrits qui pourraient transformer un flic pourri en en anachorète heureux.
Peut-être pas le « Meilleur polar argentin de tous les temps » comme l’annonce le bandeau, mais un vraiment bon roman.
henri mesquida  #cinemaetlitteraturegay

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