Samuel Van Grinsven : Bleu nuit (Sequin in a blue room). Australie. 2019.
Prix du public au Sydney Film Festival.
Je n'étais pas content de mon post du 17 Mars, sur ce film. Je l'ai donc retravaillé :
Un
garçon de seize ans est tombé dans le piège de Grindr ou il cherche des
hommes de plus en plus souvent. Au point de tomber dans une forme de
dépendance ou plus rien ne semble compter pour lui. Mais avec une règle
d'or ne jamais baiser deux fois avec la même personne.
Accro
à la gratification instantanée des rencontres sexuelles anonymes le
lycéen Sequin fait partie de la génération des relations toujours
connectées, mais jamais engagées : il reste émotionnellement
indisponible.
Cependant,
les défenses de Sequin s'effondrent lorsqu'il se retrouve dans une
soirée libertine anonyme appelée la Chambre Bleue. L'atmosphère y est
imprégnée de désirs charnels et d'un soupçon de danger. Baignés d'une
lumière bleue éblouissante, des corps indistincts se meuvent au rythme
d'une musique électronique hypnotique, un monde incroyablement séduisant
pour lui... Sequin, tout en fuyant son dernier partenaire en date qui
est aussi là par hasard, tombe sur un garçon, avec lequel il vit un
moment intense.
C'est un film assez torride qui vibre d'une énergie sexuelle
électrisante. L'anonymat y est primordial. Même le protagoniste de 16
ans, interprété par Conor Leach, n'a pas de nom. On le connaît
uniquement sous le nom de Sequin, un pseudonyme sur une application de
rencontres où il obtient des relations sexuelles sans lendemain avec des
hommes beaucoup plus âgés. Avec ses pommettes saillantes, Sequin est
saisissant et affiche une assurance arrogante, conscient du pouvoir que
confèrent de tels atouts. Le top argenté incrusté de paillettes qu'il
porte lors de ses tentatives ne fait qu'accentuer son détachement
précoce.
Le film dépeint avec une crudité saisissante les dynamiques toxiques
qui animent les applications de rencontre et la réification des
personnes LGBTQ+. Cependant le cinéaste saisit aussi avec acuité le
plaisir enivrant et tactile des relations sexuelles sans lendemain.
C'
est donc une réflexion intéressante sans fausse pudeur ni moralisme,
sur le besoin de validation, y compris par le sexe, en se concentrant
sur un adolescent en pleine découverte de sa sexualité, à une époque où
des concepts comme l'amour sont encore flous pour lui.
La photographie et le montage dynamique contribuent au rythme du film, deux atouts qu'il exploite avec brio.
La
performance du jeune acteur Connor Leach, dont c'est le premier rôle
au cinéma, est tout aussi impressionnante : la façon dont l'assurance de
Sequin disparaît progressivement de son visage pour révéler une
vulnérabilité intérieure est incroyablement émouvante.
Avec des débuts aussi prometteurs, Van Grinsven est assurément un réalisateur à suivre.
Swo On nous en disait le 03 Août 2022 :
C'est un très beau film, avec de superbes plans images, dynamique et audacieux à la fois. On est tenu en haleine durant le film.
Le personnage avec sa gueule d'ange dénote avec les évènements violents qu'il va vivre.
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