Max Walker : Book club boys : L’amour et ses démons. Tome 1.
(Antinoüs éditions). 2024.
 
Voici le troisième post que jke consacre à Jean Philippe Vest.
 
I : Jean Philippe Vest et ses romans.
II : Jean-Philippe Vest et Antinoüs éditions.
 
Et donc voici ce troisième post que je consacre à un des volumes de sa maison d'édition.
 
Max Walker est un romancier reconnu qui vit de sa plume.
 
Jean-Philippe Vest passe par son agent littéraire à qui il demande les droits de traduction et ça se passe très bien. Son année dans l’Indiana, seul français de la ville de Fort Wayne, lui aura servi pour apprendre l’anglais et pour devenir aujourd’hui le traducteur de Max Walker.
J’espère ailleurs pouvoir vous proposer une entrevue avec Max Walker même si mon anglais n’est pas parfait, on verra bien...
Nous voici donc dans une romance avec un élément de mystère.
L’histoire a lieu à Atlanta.
Noah est un romantique qui rêve du grand amour. Son cœur est en jachère depuis sa douloureuse histoire avec son ex, Franky. Heureusement, il peut compter sur ses amis, Eric et Tristan, avec qui il anime un club de lecture. Soucieux de bien accueillir les participants, Noah se rend à l’épicerie du coin pour offrir à ses hôtes un vin de qualité.
C’est là qu’il rencontre Jake, son collègue de travail dont le regard ténébreux ne le laisse pas indifférent. Avec audace, il l’invite à participer à son animation. Malheureusement, la soirée joviale envisagée va se transformer rapidement en une sinistre réception. Un colis suspect et macabre attend Noah sur le palier : qui peut donc lui en vouloir ainsi ?
Le roman est écrit à la première personne avec les deux points de vue de Noah et de Jake alternés :
Pour Noah Barnes, qui se remet comme il peut de sa rupture, la recherche du grand amour est une évidence : « J’aimais l’idée de trouver quelqu’un et d’enfin me poser, pour construire les fondations d’une relation de confiance et d’amour. C’est tout ce que je voulais ». Cette rencontre est décisive « Un passage à l’épicerie a changé ma vie. C’est là que j’ai rencontré mon collègue de travail « hétéro » et bon ami, Jake Perez. », et non sans conséquences : « J’ai décidé de l’inviter à la soirée de mon club de lecture, sans me rendre compte de la chaîne d’événements que cette invitation allait déclencher… ».
Club de lecture au nom poétique et implicite : « Lire sous l’arc-en-ciel ».
De son côté, Jack Perez (d’origine cubaine), qui est en fait bi, vit cette rencontre tout aussi intensément. Ses premiers mots sont « qu’est-ce que Jake sentait bon ». Puis peu après : « Nous étions censés rester de simples amis, mais comment cela allait-il se passer alors que tout ce que je voulais, c’était l’embrasser ? ». Et l’invitation de Noah n’est pas pour lui déplaire : « Rejoindre son club de lecture semblait être un moyen parfait pour passer plus de temps avec lui. »
Ils vont mettre un certain temps à comprendre qu’ils désirent tous les deux la même chose, en partie parce que d’une part Noah est persuadé que Jack est hétéro ! Lorsqu’il sent, sous la table, le genou de Jack effleuré le sien, il pense : « Bien sûr, il ne sent rien. Il ne se rend probablement même pas compte qu’il me touche ». D’autre part Jake pense que Noah est encore en couple.
Ce petit côté vaudeville romantique ne dure pas bien longtemps ; très vite surgit le mystère sous forme d’un cri qui « Ne pouvait provenir que d’une peur intense, née d’une terreur qui s’est instantanément transmise à toutes les personnes présentes dans la pièce », venant de la porte d’entrée : la découverte d’un colis macabre ressemble bien à une menace envers Noah.
C’est l’élément mystère du roman : qui en veut au garçon à ce point ? Les soupçons se portent sur l’ex de Noah, Franky, maintenant marié et père de deux enfants, qui a l’air d’être assez perturbé.
En attendant que la police enquête, Jack invite Noah chez lui pour le reste de la nuit, moment dont ils profiteront pour apprendre à se connaître un peu mieux. Ils parlent de leur famille, de leur coming-out ou encore de la bisexualité
« On se disait que je devais être gay quand on me voyait sortir avec un garçon ou que je devais être hétéro quand je tenais la main d’une fille. Il est rare que quelqu’un voie au-delà du binaire, même après mon coming out. »
Mais très vite, les menaces vont se répéter, de plus en plus inquiétantes et nos deux perdreaux aidés par leurs amis du club de lecture, vont mener une enquête parallèle à celle de la police. La confrontation des deux amoureux avec Franky, l’ex de Noah, et sa femme, ne donne pas vraiment de réponses même s’ils semblent bien cacher quelque chose, mais l’identité de l’auteur des menaces, qui semble les suivre où qu’ils aillent, reste inconnue, alors qu’elles deviennent de plus en plus inquiétantes.
Parallèlement, ils passeront peu à peu du stade du désir et de l’amitié à celui de l’amour. Bien entendu, les scènes de sexe ne manquent pas.
On suit également les rapports de Jack et de sa mère atteinte d’Alzheimer. On rencontrera quelques autres personnages, un voisin attentionné, les amis du club de lecture dont Eric, un ancien flic, quelques amies lesbiennes, l’ex-femme de Jack ou encore l’ex-petite amie de Jake qui a fait son coming-out out le jour où il l’avait demandé en mariage.
Tout ce petit monde semble bienveillant et prêt à aider nos héros…
Cette aventure romanesque ne manque pas non plus d’humour grâce aux dialogues souvent savoureux : dialogues drôles :
-« Dès qu’il a commencé à me parler de sa collection de pièces de monnaie, j’ai su que ce serait impossible.
- « C’est ce que dit celui qui collectionne les marque-pages »
- « Les marque-pages peuvent être des œuvres d’art, qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire d’une pièce rouillée du Colorado" ?

C’est un charmant mélange de mystère, de suspense et de romance.
La romance crescendo entre les deux garçons se suit avec plaisir, la complicité entre Noah et ses amis (souvent drôles) est appréciable et les dialogues sont remplis d’humour. Et ce n’est pas moi qui me plaindrai des quelques scènes torrides. Le tout est écrit et traduit avec fluidité.
Bref, une lecture plaisir.
La série Book club boys se poursuit sur deux autres volumes :
Des nuits comme celle-ci et mourir pour toi.

 Henri Mesquida pour le groupe Facebook cinéma et littérature gay.

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