Alessandro Guida et Matteo Pilati : Maschile singolare (mascarpone). 2021. Comédie dramatique et romantique italienne.
Antonio est marié depuis 12 ans avec Lorenzo, son premier amour. Mais Lorenzo a une relation avec un autre homme et décide de mettre fin à l'union avec Antonio, qui se retrouve également au chômage et sans abri. Il décide donc de partager le loyer avec Denis, un type extravagant et créatif qui écoute Verdi, Rossini et Puccini au volume maximum et est accompagné presque tous les soirs par un homme différent. Antonio essaie également d'oublier Lorenzo en fréquentant les sites de rencontres, mais sa nature n'est pas aussi superficielle et agréable. Et son talent en cuisine l'amènera d'abord à trouver du travail dans une boulangerie tenue par son Luca, son patron mais bientôt son plan cul, puis à suivre un cours de pâtisserie tout en fréquentant une école de pâtisserie. Grâce à ces deux garçons qui vont l’aider chacun à sa façon, Antonio commence un long processus, de réinvention personnelle...
La recherche de l’essentiel en soi est l’élément clé du concept de l’amour moderne : ce n'est pas une énième histoire sur les difficultés qu'il faut affronter pour vivre librement ses choix sexuels. Le film se concentre sur la découverte de soi, le traitement de la perte, l'amitié et l'importance d'être indépendant.
Il nous plonge dans un univers sur lequel il n'y a pas l'ombre d'un jugement, en nous ouvrant les portes d'une communauté homosexuelle italienne.
Parmi les autres personnages, une amie marié, et une professeure de pâtisserie. Mais le film s’intéresse surtout à l’univers masculin gay qui a ses propres règles et codes de comportement. Par exemple, les rencontres occasionnelles, dont la plupart ne laissent aucune trace dans la vie du protagoniste, qui sont sa façon d'échapper à une douleur atroce.
Dont lui seul trouvera peut-être l’ issue.
Avec ses beaux décors et ses beaux costumes, l'histoire est soigneusement photographiée et joué par des acteurs crédibles, notamment le protagoniste qui porte tout le film sur ses épaules (et on ne se lasse jamais de le regarder), offrant progressivement des nuances de sens et des changements imperceptibles dans l'appréciation de sa propre situation et de celle des autres.
La musique d'opéra qui accompagne tout le film semble contraster avec l'univers des protagonistes, si actuel qu'elle semble ne laisser aucune place à l'ancien, au classique, et pourtant elle s'intègre si bien à l'ensemble
La mise en scène est conventionnelle mais jamais bâclée ou approximative.
cette comédie dramatique et romantique (démontre encore une fois) qu’il est possible de parler d'homosexualité sans recourir aux stéréotypes et aux c clichés : On aimerait qu’il soit vu par le plus grand nombre..
Guida et Pilati réussissent parce qu'ils s'appuient sur un coefficient d'authenticité capable de rendre le particulier universel, en identifiant une série de types humains qui représentent bien l'époque : la perplexité et la désorientation émotionnelle qui caractérise les passages existentiels de la vie, ou encore la tendance au romantisme absolu comme résidu de l’adolescence.
Un film divertissant, avec une bonne photographie, sans clichés ni stéréotypes, avec une histoire qui s'éloigne de l'idéal de l'amour romantique, parvenant à enseigner des leçons de vie sans grandes prétentions, tout en restant léger et avec des nuances de comédie romantique.
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