Marc Kiska : Doses X‑Statiques. 2025. Éditions Abstractions.
Ce texte est le résultat de l’entrevue littéraire que l’écrivain Mark Kiska m’a accordé suite à son prix du roman gay 2025 catégorie découverte.
« Pour s’élever dans la lumière, faut‑il tout accueillir et embrasser jusqu’aux plus noires des ombres ? Queer, trash, subversif, initiatique, avec ce recueil de nouvelles, Marc Kiska questionne l’exclusion et signe une puissante ode à la liberté. On retrouve des héros androgynes et des intrigues surréalistes, exploration d’un monde foisonnant où se croisent magie, dragons, champignons, graffitis, rave party, Minotaure, chevalier et mandragore… En nommant X tous les personnages de ce livre, l’auteur offre une voix aux êtres en marge qui ont le sentiment d’être exilés, et les embarque en quête d’une étincelle. Doses X‑statiques. Sous la peau, l’encre écrit ce feu : une fièvre. »
Lors de la cérémonie de remise des Prix du roman gay 2025, Marc Kiska a prononcé un discours à la fois ému et émouvant. Nous avons échangé quelques mots, car je tenais à le féliciter et à lui présenter notre groupe. Sa maison d’édition a eu la gentillesse de m’envoyer un exemplaire de son recueil par courrier. Le livre m’a enthousiasmé, et nous avons convenu de réaliser un entretien littéraire. Cette publication en est la concrétisation pour le groupe.
I : Marc Kiska :
Écrivain et photographe, Marc Kiska a grandi près de Saint‑Étienne, en France, et vit en Norvège depuis vingt‑cinq ans.
Notre entretien littéraire se déroule donc entre Montpellier et Oslo.
Marc est parti en Norvège une première fois en 2001, dans le cadre d’un échange d’étudiants, « un peu comme Erasmus », à l’âge de 17 ans. Il allait au lycée et vivait dans une famille d’accueil. Environ un an plus tard, il rencontre un mec dans un bar à Oslo ; finalement, il retourne en Norvège pour y rester. Il y vit depuis vingt‑cinq ans, tout en revenant régulièrement en France.
En Norvège, Il travaille en tant que cuisinier, suit une école de photographie avant de devenir assistant pour divers photographes (fashion, célébrités). Il garde toujours un pied dans les cuisines boulot qui lui permet de se concentrer sur son art photographique. Beaucoup plus tard il quitte enfin son boulot de cuisinier et devient graphiste pour les éditions Abstractions pendant une courte période.
Il a été en couple pendant vingt‑deux ans (dont douze ans marié) avec un Norvégien francophone.
C’est pendant un séjour d’un an en France, alors que son mari travaillait à son master, que Marc Kiska entame l’écriture de son premier roman.
Avec Les Vestiges d’Alice (Tabou Éditions), publié en 2017, il devient pour la première fois lauréat du Prix du roman gay, Mention spéciale du jury. C’est aussi durant cette période qu’il réalise son court‑métrage « consanguin ».
Voici le lien pour le voir sur Vimeo :https://vimeo.com/76209341
Après une édition Deluxe et bilingue de son artbook Outlandish /ROOM/, publié chez Abstractions et réunissant dix années de travail photographique, Marc Kiska revient sur le devant de la scène littéraire avec le recueil de nouvelles Doses X‑statiques.
Mais avant d’en arriver au livre qui nous occupe aujourd’hui, je lui ai demandé de me raconter sa découverte de la littérature, de l’écriture…
Il m’explique :
« Très jeune, j’écrivais déjà : un peu de poésie, puis des nouvelles, et même un roman resté pour l’instant dans mes tiroirs. Entre 17 ans et à peu près 24 ans, j’ai publié des nouvelles dans des fanzines. Pendant longtemps, je ne me reconnaissais pas dans le milieu gay, j’étais plutôt du genre underground, punk, goth, j’adorais Poppy Z. Brite. »
II : Doses X-statiques.
- A : Au commencement.
En 2014, Marc Kiska s’installe avec son mari dans une maison isolée en pleine forêt, à une heure d’Oslo. Le premier voisin vit à trois kilomètres. Cet isolement est volontaire et de fil en aiguille il veut comprendre jusqu’où l’on peut pousser l’indépendance — se nourrir, se chauffer, vivre avec le minimum de dépendances. Il cultive naturellement son potager, et très vite lui vient l’idée de fabriquer ses propres médicaments à partir de plantes médicinales.
Il me raconte :
« Mais il y avait aussi quelque chose de très fort qui me poussait vers les plantes de sorcières, les plantes chamaniques, les plantes enthéogènes (végétaux psychotropes capables de modifier l’état de conscience). Une fascination et un émerveillement de petit enfant qui se reconnecte à la magie. D’une espèce de “survivalisme”, ça a petit à petit tourné vers quelque chose de plus spirituel, je me suis intéressé plus tard à la spagyrie (méthode de soin naturelle issue de l’alchimie et créée par le médecin Paracelse au XVIᵉ siècle, qui consiste à séparer, purifier puis réassembler les composants d’une plante pour créer un remède complet censé agir sur le corps et l’esprit).»
Un peu plus tard, il fait sa première retraite spirituelle : une semaine en Suède autour de la médecine du mouvement. Il rencontre également une chamane, Claire Barré (qui a écrit la préface de Doses X-statiques et plusieurs livres sur son parcours de chamane) mariée à l’un de ses amis, Emmanuel Barrouyer qui a notamment été modèle à plusieurs reprises pour Marc. Un couple tourné vers le soin, l’amour, la spiritualité, l’art.
Plus jeune, il avait déjà expérimenté les champignons magiques, très utilisés dans certaines traditions chamaniques.
Marc Kiska, qui trouvait que son premier roman manquait de magie, d’émerveillement, de rapport à la nature, va s’appuyer sur toutes ces expériences pour commencer l’écriture de la première nouvelle (« Le Chevalier, la Lance et le Dragon ») de son futur recueil.
Les nouvelles du recueil, m’explique‑t‑il, n’ont pas été écrites dans l’ordre où elles apparaissent dans le livre final. Il a réfléchi, choisi, agencé. Comme pour son premier ouvrage, Marc a pris son temps : l’écriture s’est étalée de 2018 à 2025.
Je l’interroge sur ce drôle de titre « Doses X-statiques » :
Marc Kiska m’explique qu’il pensait d’abord à un autre titre, plus simple : « ceuX-ci », où le X majuscule renvoyait aux personnes mises au rebut, aux parias, aux exclus qui ne méritent même pas un nom.
C’est finalement son éditeur qui a trouvé le titre définitif, dans lequel on entend « extase », au sens d’éveil, de libération, ce que l’on ressent lorsqu’on se débarrasse des entraves qui nous enchaînent pour être soi. Le X majuscule, lui, signale la pluralité. On y entend aussi « dose », extatique : chaque nouvelle est comme une petite décharge, une dose qui invite le lecteur à s’émanciper plutôt qu’à s’endormir, qui lui offre une impulsion, une dose de liberté.
Doses X‑statiques, ce sont huit nouvelles dans un univers proche du nôtre mais néanmoins différent : une cosmologie fluctuante et incertaine, à la fois « transe, queer, baroque, fantasmagorique, pré‑ ou post‑apocalyptique ».
- B : X au carré
Dès le début de l’écriture de la première nouvelle, en 2018, Marc Kiska avait déjà en tête l’idée d’un X à plusieurs visages.
Dans cet univers bien peu enviable, les X se croisent : nouvelle après nouvelle, on retrouve un ou plusieurs personnages principaux, chacun doté d’une identité nouvelle, mais portant tous le même nom, X. Les X prennent ainsi la forme d’« une figure multiple ». Ces déclinaisons de X sont des héros adolescents, androgynes, queer.
Ils ont en commun d’être livrés à eux‑mêmes dans un monde où l’exclusion et la violence frappent de plein fouet. Ce sont des jeunes, parfois très jeunes, marginaux, laissés‑pour‑compte, déclassés. Chacun d’entre « euX », avec ses forces et ses failles, cherche à s’extirper de cet univers décati et usé qui tente de les engluer. On les retrouve dans des lieux presque abandonnés : une caravane oubliée au fond d’un champ, un parking déserté à côté d’un supermarché, un HLM et ses friches calcinées, un foyer où des adolescents sont livrés à eux‑mêmes.
Ce sont, par ce refus de la soumission, des combattants, qui ne cessent de lutter contre les mécanismes de destruction qui s’abattent sur eux, refusant de se laisser dévaloriser ou annihiler par les autres.
Marc Kiska ne réduit pas ses X à des archétypes caricaturaux. Bien au contraire, chacun, avec sa propre personnalité, fait preuve d’intelligence, de résilience, d’une profonde humanité, une humanité qui trahit l’amour que l’auteur leur porte.
Ce sont des héros queers qui tentent de survivre dans ce monde hostile, livrant de véritables combats, parfois à l’aide de pouvoirs surnaturels.
Dans chaque nouvelle, les X sont confrontés à des dangers imminents (souvent des forces patriarcales) dotées ici d’une puissance presque maléfique. En cela, ils inscrivent leur existence marginale dans un mouvement héroïque destiné à « exorciser la violence, poétiser la douleur » et exister envers et contre tout, pour ce qu’ils sont.
À ce stade, je demande à Marc Kiska s’il considère son livre, au regard des luttes des X contre l’oppression patriarcale, comme politique. Pas vraiment, m’explique‑t‑il. Il préfère le qualifier de combatif. Il ajoute que parmi ses X,
« il y en a quelques‑uns qui se cherchent encore, ils sont au départ plutôt innocents. »
- C : Univers.
Nous voici dans un monde peut‑être parallèle, un « portail vers un autre monde », où tout semble usé, délabré, dépassé. À moins qu’il ne s’agisse d’une dystopie du nôtre : un monde mourant, corrompu, vicié, peut‑être même maudit.
Dans cet univers délétère, à la fois cruel, sensuel, délabré et parfois poétique, dominent les forces obscures d’une masculinité hétéronormée, toxique et violente, qui ne voit dans la différence qu’une monstruosité à écraser.
« Les gars le désirent mais se haïssent de le désirer. On se cache pour l’aimer, on s’expose pour le brutaliser. »
« -Attends , ramène ta chatte
-J’ai pas une chatte, tu me prends pour qui? C’est mon trou de balle que tu veux niquer... »
« … en essayant de faire croire aux autres, que son cul c’est celui d’une meuf. »
C’est contre cette oppression systémique, pour y survivre, que les X s’opposent comme ils le peuvent. Ils mobilisent des pouvoirs animistes, comme Fanta, le renard confident du Verset du renard, ou des forces phytocentristes : mandragores, plantes aux propriétés magiques, végétaux dotés d’esprits. Leur humanité s’enrichit et se mêle à l’animal et au végétal, comme dans les mythes anciens ou les pratiques chamaniques :
« X lui parlait parfois de l’esprit d’une plante. »
« Recevoir en communion le corps de cette plante (…) dont il connaît les propriétés aphrodisiaques. »
« Gamins‑poissons (…) hybrides façonnés par les flots. »
Les plantes magiques, alliées de ces X guerriers, ne les rappellent pas à l’ordre mais à l’amour. Comme le dit si bien David Leblond :
« Tout semble renvoyer à un réel transfiguré qui fait se côtoyer des androgynes primordiaux aux plaies entrouvertes et des végétaux aux insondables pouvoirs… »
Par moments, on a l’impression que les X vont se transformer, comme chez Ovide : devenir à moitié homme, à moitié plante, arbre ou animal. Ou encore absorber un être aimé , non pas métaphoriquement, mais dans une fusion organique, végétale, presque sacrée.
Allongés parmi « les fleurs, pavot, tige latex » :
« Ils acceptent la présence tenace de la plante qu’ils considèrent comme une amie. »
« Ils s’imaginent s’enraciner (…) fleurir à la nuit tombée. »
« La reine me protège, j’suis une fleur. »
Jusqu’à l’acte sexuel entre un X et une plante dont l’odeur éveille la sensualité :
« Il dirige son gland à la rencontre du pistil… il fait doucement glisser sa verge contre les pétales… »
C’est ainsi qu’à ce monde marron‑rouille, les X viennent juxtaposer les touches de vert de la végétation fabuleuse, symbole de résistance, de résilience.
À la noirceur, ces X considérés comme des déviants ou des monstres opposent la clarté : ils sont porteurs de lumière, c’est‑à‑dire de dignité.
Dans ce monde fantasmatique, la lumière cohabite avec les fluides. L’eau, bien sûr, mais aussi les liquides corporels : sperme, sang, morve. Et leurs corollaires : les odeurs. Parfois sources de bien‑être :
« Il est comme une belle et simple fleur sauvage au parfum enivrant… ultra‑hormonné. »
mais plus souvent un mal‑être hostile et toxique.
À l’ambiance apocalyptique que j’évoquais au début vient s’ajouter un côté fantasy évident, avec ses chevaliers (arthuriens), ses dragons, ses marabouts, sa sorcellerie, ses énigmes :
« Il n’est pas là. Il est le miroir face à la lampe. »
« Je suis un chevalier et la lance te désigne ! »
- D : Ennemis à combattre.
Ainsi, au fil des histoires, les X combattent ceux qui en veulent à leur intégrité, à leur vie, à leur essence. Les antagonistes ne manquent pas : ils sont issus d’une culture hétéropatriarcale mortifère. L’imaginaire de l’auteur transforme en scènes de fantaisie ce qui, dans la réalité, relèverait de l’agression sexuelle ou du viol :
« Voilà, c’est ça. J’sais que tu en as envie, alors arrête de faire semblant. Une tapette, c’est bon qu’à s’faire mettre. »
Des gars « qui le désirent mais se haïssent de le désirer ».
Les X tentent d’échapper, de riposter, de se venger de leurs agresseurs. Ils fuient ou affrontent une attaque à coups de sneakers sales, une meute insultante de garçons en survêtements, « Soldats d’un enfer urbain » :
« R’garde cette loppe », « pisseuse », « tapette »…
Des parents haineux :
« Tu es sali (…) ne viens pas nous contaminer, sale pédé. »
Un père violent qui cherche à les assassiner et qui semble se muer en Minotaure,
« amalgame infernal, organisme autophage, infanticide ».
Ou encore des harponneurs de garçons qui se baignent :
« Dents de la mer, monstre marin. »
Ces ennemis que Marc Kiska nomme à plusieurs reprises sous le terme générique de « Dragons ».
Face à tant de cruauté, face à tant de combats à mener pour ne pas subir, pour ne pas être seulement des proies, pour survivre et infliger une douce vengeance aux hommes abuseurs, les X se servent du couvert protecteur de la nuit, de leur intelligence, de leur connaissance, acquise ou tout juste découverte, du pouvoir des plantes magiques, d’incantations (comme ce rap expérimental et magique, ou ce cri de force), ou encore en « purgeant leurs entrailles sur le dragon ».
Dans la dernière nouvelle, la Lance dit :
« Tu n’es pas une victime, tu es un chevalier. »
Et le chevalier finit par adouber X :
« Te voilà chevalier. »
J’ai lu quelque part qu’il y aurait dans Doses X‑Statiques un excès de violence. Marc Kiska, dans une entrevue sur YouTube, réaffirme que dans notre monde actuel, tel qu’il est, la violence est bel et bien présente. Elle est toujours là, avec le cortège d’émotions négatives qui l’accompagnent : la peur, la colère, la tristesse. À cette noirceur s’opposent heureusement d’autres sentiments comme la force, le courage, l’espoir, l’amour…
En définitive, sous cet aspect‑là, le monde imaginaire de Doses X‑Statiques est plutôt proche du nôtre, la poésie et le symbolisme en plus. Juste après, Marc Kiska en profite pour dédier son livre tout spécialement aux personnes les plus persécutées en ce moment : les personnes trans, auxquelles il assure son soutien et son affection.
Parfois même, les X goûtent à la douceur des bras ou de l’intimité d’un autre. Il y a quelques passages érotiques très forts, toujours au service du récit, de la vulnérabilité et de la quête de lumière :
« Il appuie sur la détente (…) parmi les plis de son short trempé, apparaît la forme imprécise de sa bite »
- E : Queerness.
Dans l’excellente préface de Claire Barré, ces figures sont décrites comme des
« anges sexués shootés aux hormones et aux plantes médicinales »,
des êtres paradoxaux qui, malgré l’oppression, conservent une pureté mystérieuse.
Marc Kiska revendique pleinement le mot queerness et remet en question, dans ses nouvelles, la croyance en une homosexualité normative, sage, soluble dans la société. Les X sont indéniablement queer dans toutes les acceptions du terme.
Le queer, c’est combatif : ses X sont des parias magnifiques, des guerriers portant leur sexualité comme une arme parfois létale, leur queerness comme une armure.
Dans cette optique, le genre qu’il donne à ses X est bien entendu le plus souvent incertain, confus ou indéchiffrable. Leur sensualité involontaire leur a valu d’être qualifiés
« d’efféminés », de « produits différenciés, mis de côté »
« Il se sent un peu plus que lui‑même, un peu plus qu’elle‑même (…) fille, garçon, quelque chose d’autre, d’entre ? »
« Fleur mâle, femelle, les deux ? »
Ou encore :
« Ce gamin que les autres ont toujours étiqueté différent, sans qu’il sache pourquoi. »
La fluidité se retrouve partout. Je pense, par exemple, au nom même d’un garçon appelé Vague, qui est « leste et fluide ».
III : le style
Marc Kiska possède une écriture et un univers qui lui sont véritablement propres. Il réussit ce mélange d’odeurs, de couleurs, de chair, parfois en concentrant quelques mots fulgurants :
« Ecchymose en fruits noirs », « Entrailles de chlorophylle de la forêt ».
Tout y est métaphore.
Il écrit bien, même très bien, avec des phrases longues, saturées de visions denses qui nous remuent. Il parvient aussi bien à nous parler de ce monde brutal, noir, déliquescent, dangereux, que de lumières et de beautés insoupçonnées.
Sa plume baroque, inventive, sait mêler la crudité au lyrisme, la brutalité à l’empathie rayonnante, la fureur et l’excès à la luminosité de l’espoir et de l’amour. Son livre est d’une puissance esthétique étonnante.
IV : Pour conclure
Ce recueil n’est pas un simple voyage dans un monde sombre : c’est un acte de résistance. Les X refusent la fatalité, refusent la honte, refusent la place qu’on leur assigne. Ils se battent pour exister, pour aimer, pour respirer. Et dans ce combat, ils nous ressemblent.
La force du livre, c’est de montrer que même dans les environnements les plus hostiles, il existe des étincelles. Des gestes de tendresse. Des métamorphoses. Des alliances inattendues avec le végétal, l’animal, le magique. Marc Kiska transforme la marginalité en puissance, la douleur en poésie, la différence en lumière.
On lit ces nouvelles comme on suit une procession de survivants magnifiques. On les voit tomber, se relever, se réinventer. On les voit lutter contre les dragons de notre époque : la haine, le patriarcat, la violence structurelle. Et surtout, on les voit gagner.
Toujours. Même dans les pires ténèbres, les X finissent par s’en tirer, par déjouer les pièges, par vaincre ce qui voulait les détruire.
Leur victoire n’est jamais naïve : elle est arrachée, conquise, méritée.
Doses X‑Statiques est un texte queer, baroque, incandescent.
Un texte qui ne cherche pas à rassurer, mais à libérer. Un texte qui donne de la place à celles et ceux qu’on persécute encore aujourd’hui. Un texte qui fait du X une lettre de vie — une lettre qui ne s’efface pas, qui ne s’incline pas, qui ne meurt pas.

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