Peter May : Lock Noir. 2025. Grand prix de la littérature policière 2025

 

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Après une apparemment fameuse «  trilogie écossaise » : l’île aux oiseaux, 2009, L’homme de Lewis, 2012 et le braconnier du lac perdu, 2013), que je n’ai pas lu, l’auteur britannique (mais de nationalité française depuis 2016) de romans policiers revient 12 ans après avec un quatrième tome, Loch Noir, 2025.


On peut lire directement ce quatrième volume…


Après avoir été refusé par tous les grands éditeurs britanniques, l’île aux oiseaux (le premier tome de la trilogie) a été publié en France et a immédiatement été nominé pour plusieurs prix littéraires. Il a remporté le Prix des Lecteurs au festival Ancres Noires du Havre en 2010 et le Prix littéraire Cezam.

Quel livre immersif et magnifiquement écrit ! Ce thriller policier, à la fois captivant et glaçant, est sublimé par la prose exquise de Peter May, qui recrée l'atmosphère des lieux avec brio. Les images des paysages naturels sont saisissantes, faisant du décor une dimension aussi importante que les personnages ou l'intrigue. Lire « Le Loch Noir », c'est comme fouler le sol de l'île de Lewis et se laisser envelopper par la nature. C'est la sollicitation des sens qui tisse avec tant de force un univers si magique. L'intrigue est sensationnelle. Le passé résonne à travers le récit, ravivant de vieilles passions et rancœurs, imprégnant les événements présents de culpabilité, de menace et de suspense. Le lecteur est tenu en haleine du début à la fin, et les moments de grand drame et d'émotion intense le frappent de plein fouet.


On ressent profondément l'impact des crimes, non seulement sur la victime et le coupable, mais aussi sur tous ceux qui sont liés à l'affaire. Le Loch Noir vibre de tristesse, de souvenirs et d'un profond chagrin, non seulement pour Caitlin, mais aussi pour ce que les gens étaient autrefois et pour tout ce qu'ils ont perdu. Le récit est ainsi à la fois déchirant et captivant. C'est dans ces souvenirs à la première personne que Fin évoque, lorsqu'il semble s'adresser directement au lecteur, que l'émotion est si intense et bouleversante. La métaphore des baleines et de leur loyauté familiale est tout aussi marquante. Les personnages sont universels et attachants. Malgré la culpabilité apparente de Fionnlagh et l'incongruité de sa relation avec Caitlin, il est impossible de ne pas éprouver de la compassion pour lui et de souhaiter ardemment que son innocence soit prouvée. 

Il appartient aux lecteurs de le découvrir, mais Peter May entretient le suspense jusqu'au bout. Cet auteur comprend la fragilité humaine et la retranscrit avec une justesse remarquable, notamment à travers la relation entre Fin et Marsaili, si bien que le sort des personnages nous touche profondément. Le Loch Noir offre une narration magistrale, des descriptions magnifiques, des personnages attachants et, accessoirement, une présentation extrêmement documentée de l'élevage du saumon.

 C'est un exemple parfait du talent d'un maître conteur au sommet de son art.

 À ne manquer sous aucun prétexte !

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