Fred Estaria : « Mon étoile et mon sang ». 2025.

 


Notre amie Dominique Faure m'a fait parvenir son retour sur le roman de cet auteur que npus avons rencontré à la remise du prix du roman gay 2025.

Avec « Mon étoile et mon sang », Fred Estaria nous livre un témoignage vibrant, à la fois dur et parfois non sans humour, qui emporte tout notre toute notre empathie. « Mon sang », c’est celui de l’auteur il y a quelques années, détruit peu à peu par une myélodysplasie, maladie de la moelle osseuse. « Mon étoile », c’est Esteban, dont l’auteur nous narre leur rencontre, leur vie heureuse ensemble, leurs voyages lointains avant... avant que ne se déclare la maladie. Puis, cependant des mois, il y a ce terrible parcours hospitalier que devra faire Fred dans des conditions rendues encore plus difficiles par l’épidémie de COVID-19. Mais Esteban est là, près lorsque c’est possible, loin dans son petit téléphone en visio lorsque ça ne l’est pas. Et une chance inouïe va servir Fred : un donneur compatible, un homme allemand que notre auteur ne pourra jamais connaître, car c’est la règle. Mais il espère que son livre témoignage sera lu par son sauveur.
Je connais personnellement l’auteur et Esteban, son étoile, sans l’amour infini duquel il n’aurait sans doute pas survécu et auquel, à travers ce livre, il exprime tout son amour pour lui. Une histoire très dure, très émouvante, une histoire vraie, récompensée très justement par
Le Prix du Roman Gay 2024 dans la catégorie « Témoignage ».
Extrait 1 :
« Comment expliquer la complexité d’un cancer du sang Il y a des maladies célèbres et des organes dont on connaît le rôle et l’importance. Mais la moelle osseuse n’en fait pas partie. Et pourtant, c’est là précisément que tout s’organise. Que tout commence et tout fini. »
Extrait 2 :
« Tes yeux mouillés affleurent à la surface de ton masque et tu transpires dans ta combinaison stérile. Tu es choqué. Tu ne me reconnais pas. Tu t’étais préparée au pire, mais sûrement pas aux revenant que tu as devant toi. Tout juste ranimé, scalpé, drogué et sanglé à mon lit médicalisé, je ne suis que soubresauts et sanglots.
J’ai vu la mort de près. Je veux te raconter ce que c’est de sentir son souffle et de percevoir sa lueur, mais je n’y arrive pas. Mes mots s’étouffent dans ma gorge, mes larmes coulent et ma voix chevrote. Je sens que la vie m’échappe, mais je tiens bon. Je m’accroche à mes sangles. Je te bredouille des promesses. Je t’assure que je vais me battre. Que je ne te laisserai pas seul. Pas tout de suite. Pas ici. Pas sans t’avoir tout dit... »
#henrimesquida   #cinemaetlitteraturegay 

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