petit retour carrière sur... Xavier Dolan
Xavier Dolan est un acteur, réalisateur, producteur et scénariste franco-canadien, de 36 ans.
Il a débuté sa carrière comme enfant acteur dans des publicités avant de réaliser plusieurs longs métrages.
Il a connu une reconnaissance internationale dès 2009 avec son premier film en tant que réalisateur, « j'ai tué ma mère », dont il était également acteur, scénariste et producteur, et qui a été présenté en première au 62e Festival de Cannes.
Il a été régulièrement qualifié de « jeune prodige du cinéma québécois » pour ses films.
En 2010, il réalise « Les Amours imaginaires» et en 2012 "Laurence Anyways » dans lesquels il joue également et qui obtient la Queer Palm à Cannes.
En 2013 dans son thriller « Tom à la ferme », il tient aussi le rôle principal.
Ces trois films ont été présentés en première à Cannes.
À la Queer palm pour Lawrence anyways vont s'ajouter, en 2014 qu'il reçoit le Prix du Jury au Festival de Cannes « Mommy » et en 2016 le Grand Prix pour « Juste la fin du monde ».
En 2018, il réalise « Ma vie avec John F. Donovan » et en 2019, « Matthias et Maxime », dans lequel il tenait également le rôle principal.
Outre
ses propres films, il a joué dans des longs métrages tels que « Martyrs
» (2008) de Pascal Laugier, , « BoyErased » (2018) de Joel Edgerton, , "Sale temps à l'hôtel El Royale" (2018) de "Drew Goddar", et « Ça : Chapitre 2 » (2019)d d'Andrea Muschietti...
En 2022, il a été nommé au César du Meilleur Second Rôle Masculin pour « Illusions perdues » de Xavier Giannoli.
Sans oublier sa mini série La Nuit où Laurier Gaudreault s'est réveillé, également en 2022.
Pour l'inconnu de la grande arche en 2026, Xavier Dolan a été nommé au César du meilleur second rôle..
Il a également réalisé des clips musicaux, comme celui d'Adele pour "Hello".
En 2025, Xavier Dolan réalise un videoclip pour Elton John sur la chanson Swing for the Fences. Pour Dolan, ce vidéoclip est une œuvre visant à exprimer la liberté, en particulier pour les personnes queers.
En
tant qu'acteur, Dolan est aussi très actif dans le doublage. Il prête
notamment sa voix dans les versions québécoises, à Rupert Grint dans la
saga Harry Potter, ainsi qu'à Taylor Lautner dans les Twilight, et à
Timothée Chalamet, Nicholas Hoult, Eddie Redmayne, Dylan O'Brien ou
encore Josh Hutcherson dans la saga Hunger Games.
Bien
qu'il ait déclaré il y a quelques années qu'il se retirait du cinéma,
le film indépendant peinant à trouver sa place en raison des difficultés
de distribution, il semblerait que le cinéaste soit de retour. Pour un
film d'horreur.
Très
à l'aise pour parler de sa vie gay, Xavier Dolan refuse d’être
considéré comme un réalisateur queer, il n'aime pas du tout l’étiquette
film ou réalisateur gay objectant que son cinéma s’adresse à tout le
monde, que les questions LGBT+ ne sont pas le cœur de ses films et que
la sexualité de ses personnages n’est qu’un attribut.:
« Que de tels prix existent me dégoûte. Quel progrès y a-t-il à décerner des récompenses aussi ghettoïsantes, aussi ostracisantes, qui clament que les films tournés par des gays sont des films gays ? On divise avec ces catégories (…). »
« L’homosexualité n’est pas un thème. C’est la vie. On ne parle pas de film hétérosexuel ! »,
Le cinéaste est même jusqu’à refuser la Queer Palm en 2012 pour
Lawrence Anyway qualifiant cette récompense de « ghettoïsante » et d’«
ostracisante ».
Je
comprends son message cependant s'il se peut que peut-être un jour de
telles récompenses n’auront plus besoin d’exister, pour l' instant les
droits des personnes LGBT+ demeurent aujourd’hui au cœur des questions
de société et par conséquent toute représentation d’un personnage queer
au cinéma sous-tend, même si ce n’est pas le but premier, un message
politique. Par ailleurs, les films queers n’ont pas vocation à
s’adresser uniquement au public LGBT+.
Ici je reprend des extraits d' un article très complet à ce sujet du blog "le bleu du miroir";
Dolan n’aborde effectivement que très peu les questions LGBT+ dans ses premier films. Dans J’ai tué ma mère, l’homosexualité du personnage principal, Hubert, est présentée comme quelque chose de totalement anodin.
Les Amours imaginaires
donne l’image d’une génération où le sexe se déconnecte de l’amour. Les
personnages ont des relations sexuelles sans lendemain, mais vouent un
amour aveugle à un apollon fantasmé dont ils ne s’aperçoivent pas qu’il
est inatteignable. l’orientation sexuelle devient totalement secondaire.
Avec Laurence Anyways,
montrant la transition de genre d’homme à femme de son personnage
principal, le cinéma de Dolan aborde plus frontalement la thématique
LGBT+, même si la transition en elle-même n’intéresse pas le réalisateur
: Une
fois de plus, chez Dolan, on est qui on est, et cela ne nécessite pas
qu’on s’y attarde. Il aborde ici la transition du point de la société
plus que de celui, intime, du personnage principal.
Dans Mommy.
il n’est jamais question de sexualité mais Le personnage de Steve, qui
se construit en marge de la société, peut être rapproché d’un jeune qui
se cherche en termes de sexualité ou de genre.
Quand le réalisateur canadien adapte Juste la fin du monde
de Jean-Luc Lagarce il y aborde l’homosexualité d’une manière très
différente à celle de la pièce. Dans celle-ci, elle est totalement tue
et de fait en devient un élément potentiellement majeur.
Pour
son adaptation, Xavier Dolan adopte donc une position totalement
différente quant à l’homosexualité de Louis et reste fidèle à sa volonté
de ne faire de cette homosexualité qu’un fait et non plus vraiment un
élément majeur de l’histoire. Ainsi d’emblée, il est dit que Louis est
gay, que sa famille est au courant et qu’elle semble l’accepter. De
même, Dolan enlève tout sous-texte sur le VIH. L’action étant déplacée
aux années 2000, une période où être séropositif ne signifie plus être
voué à une mort certaine, il paraît en effet peu probable que le décès à
venir de Louis puisse être lié au VIH. Ainsi, s’il n’occulte pas le
thème de l’homosexualité dans son adaptation, Xavier Dolan le traite à
sa manière, qui est aussi une approche plus contemporaine.
A l’inverse, Xavier Dolan va surprendre avec Ma vie avec John F. Donovan
où l’homosexualité du personnage de John Donovan va avoir une réelle
importance dans le récit. Tout d’abord, c’est la première fois chez le
cinéaste qu’un homosexuel ne s’assume pas :Hormis à quelques personnes
de son entourage, John cache également son homosexualité dans la sphère
privée, y compris à sa mère : La chronique que fait Xavier Dolan du
rapport du show-business à l’homosexualité est assez virulente, et elle
se double d’une réflexion sur le mal-être qu’elle peut entraîner chez
les gays.
Au final, si Ma vie avec John F. Donovan
décrit le parcours destructeur d’un homosexuel n’arrivant pas à
s’assumer, le film porte quand même en lui un espoir quant à l’avenir de
la cause homosexuelle, grâce au personnage de Rupert, l’enfant avec qui
John correspond. S’il n’est pas clairement dit que Rupert est gay, on
peut le supposer notamment via la scène finale du film, clin d’œil
évident à My Own Private Idaho, un classique du cinéma queer.
Xavier
Dolan ouvrant ainsi une réflexion sur l’importance de l’image renvoyée
par les personnalités, sur le rôle qu’elles peuvent jouer pour faire
avancer l’opinion publique et l’influence qu’elles peuvent avoir sur les
nouvelles générations pour mieux vivre leur différence.
Dans Matthias & Maxime,
l’homosexualité a également son importance puisqu’on sait que Xavier
Dolan a eu envie de raconter une histoire d’amour gay après avoir vu des
films comme Call me by your name ou Beach Rats.
Matthias et Maxime sont deux amis a priori hétérosexuels qui vont
échanger un baiser pour les besoins d’un court métrage, baiser qui va
faire vaciller leurs certitudes. Xavier Dolan montre l’évolution d’une
génération à l’autre, sauf qu’il oppose cette fois-ci les années 2000
aux années 2010.
Le
cinéma de Xavier Dolan est ainsi difficilement dissociable de la
thématique LGBT+ même s’il n’en fait pas son moteur principal et que son
importance varie d’un film à l’autre. Le cinéaste aborde la question de
la différence au sens large sous de nombreux angles, mais le plus
souvent au niveau de la société. La relation de celle-ci aux questions
queers est scrutée à différentes époques des années 90 (Laurence Anyways) aux années 2010 (Matthias & Maxime) en passant pas les années 2000 (Ma vie avec John F. Donovan).
Xavier
Dolan montre l’évolution de la société tout en soulignant qu’elle a
encore du chemin à parcourir. Même s’il est souvent critique envers
celle-ci, seule responsable du rejet des queers, le réalisateur livre
cependant toujours un message d’espoir, très positif pour les LGBT+.
Chez Xavier Dolan, les personnages s’assument pleinement, trouvent
toujours du soutien chez leur proches. Même le seul personnage qui vit
mal son homosexualité (John F. Donovan) finit par trouver une
reconnaissance posthume salvatrice.
Le dernier film de Xavier Dolan, Matthias & Maxime, réalisé sous l’influence de plusieurs films sur l’homosexualité sortis ses dernières années, Call me by your name
en tête, se veut comme un belle conclusion de la première décennie de
cinéma de Xavier Dolan sur les questions queers. On y voit en effet deux
personnages de même sexe sortir du moule de la société pour se laisser
porter par un amour au-delà de toute considération de sexualité et de
genre.








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