Kerstin Karlhuber : Tu m'as tellement manqué (Fair Haven). 2016.
Un jeune homme retourne dans sa ferme familiale, après un long séjour en
thérapie de conversion chrétienne pour gay, et est déchiré entre les
attentes de son père émotionnellement distant et les souvenirs d'une
relation amoureuse passée qu'il a tenté d'enterrer.
C'est assez proche de l'histoire de "Boy Erased" sorti deux ans plus tard.
"Boy
Erased" était intéressant mais pour moi à force de se vouloir
démonstratif et de sortir les grands sabots il passait à côté de la
plaque en montrant plus des stéréotypes que des personnages et en
limitant son propos à la dualité parents thérapie versus jeune homme.
Fear
Heaven reflète les contradictions profondes chez le garçon, qui semble
«guéri» de son penchant pour les hommes, bien que son comportement
manque de fermeté de conviction. À cela s'ajoute le conflit avec son
père sur une question liée à sa vocation professionnelle.
Puis un jeune homme venu de la ville et qui avait été son petit ami réapparaît dans sa vie, qui commence à susciter des doutes.
Ici
tout est en nuances, en finesse, l'histoire tient compte de la
situation globale du jeune homme qui ne doit pas seulement faire face à
la thérapie anti gay mais à tout ce qui l'entoure car tout dans ce bled
d'Amérique, tout est fait pour qu'il rentre dans le chemin glorieux de
l'hétérosexualité.
Comme c'est le cas dans aux U.S.A (mais pas que ) dès qu'on sort des grandes villes.
C'est
parfaitement crédible, les personnages sont bien cernés (celui du père
est magnifique), ça ne fait pas dans le pathos, ça ne fait pas dans le
mélo, ça ne fait pas non plus dans le Feel-Good movie tendance Walt
Disney (love Simon) qui voudrait nous faire croire que tout va bien,
qu'il n'y a plus de problème.
Ce qui était faux il y a quelques années à la sortie du film et encore plus faux maintenant.
Une
véritable histoire d'amour où la chimie entre Michael Grant, et Josh
Green, est aussi palpable que celle entre Gyllenhall et Ledger dans Brokeback Mountain.
Par
moments le film qui m'ont laissé pantois tant la façon dont les deux
garçons prennent soin l'un de l'autre m'a paru vrai et sincère malgré
les épreuves difficiles.
Le personnage du père en lutte avec lui même avec ses croyances, ce
qu'il croit être son devoir, sa douleur du deuil, son désir de faire
bien même s'il se trompe et d'une subtilités étonnante.
Ce
film est l'un de ces films gay qui ne s'adresse pas seulement à un
public gay pour le flatter mais bel et bien à tout le monde soit pour
vous faire réfléchir soit pour vous réchauffer le cœur.
#henrimesquida pour le groupe facebook : cinéma et littérature gay.




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