Vincent Dieutre : leçon des ténèbres. 1999.
Le film s'inscrit dans un cycle de trois long-métrages intitulé « Les Films d'Europe », avec Mon Voyage d'Hiver (2003) et Orlando Ferito (2015).
En quête d'une esthétique en évanescence, un homosexuel erre dans les villes d'Utrecht, Naples et Rome, toujours à l'affût de la moindre démonstration de beauté et de sensualité. Son parcours nocturne, retracé ici à la manière d'un journal intime, le conduit fatalement à expérimenter le côté éphémère des relations et créations humaines.
Placé sous le signe du peintre italien Caravage, le périple de l'esthète extravagant se décompose en fragments de vie, entre journal intime et drame baroque,, qui sont autant de leçons sur la vanité d'une recherche intemporelle et absolue du plaisir..
La fusion entre la peinture du Caravage que l’homme va visiter dans les musés , seul ou avec son mec et qu’il nous montre, et la dérive urbaine nocturne dans les villes est esthétiquement très belle.
Les scènes intimes de tendresse et d’amour , éclairés par les personnages eux m^me qui tiennent à la main un bougeoir ou une lampe torche, donnent un clair obscur proche de celui des peintures du Caravage, on croirait voir des toiles prendre vie.
L’écriture intime est très forte et procure une intensité émotionnelle trouble et poignante, loin des mélodrames habituels.
C’est un cinéma exigeant , radical et contemplatif qui nous demande un effort de concentration pour y plonger.
Mais si on y arrive ça vaut vraiment la peine.
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